La montée rapide de la technologie à Paris

Historiquement, la France a eu une réputation douteuse dans le secteur de la technologie, avec des lois du travail rigides et de lourdes taxes sur la fortune et les options d’achat d’actions dissuadant les entrepreneurs potentiels. Beaucoup, à l’exception de succès tels que le service de covoiturage BlaBlaCar, sont partis pour des pâturages plus verts. La scène évolue cependant rapidement, en particulier dans la capitale.

Nicolas Brusson, co-fondateur de BlaBlaCar, constate un essor de l’activité entrepreneuriale. En 2016, la France a réalisé 590 levées de capitaux – plus que n’importe quel pays d’Europe, selon Dealroom, qui surveille les tendances de l’industrie technologique. The Economist rapporte que si un peu plus de capitaux sont allés aux start-up au Royaume-Uni, « le taux d’augmentation en France a été spectaculaire ».

Les gains peuvent être attribués, en partie, aux investissements antérieurs dans les infrastructures. Oussama Ammar et Xavier Niel, à l’origine de l’opérateur mobile français Iliad, ont mis en place des centres de formation et des incubateurs qui recrutent aujourd’hui des entrepreneurs. Le dernier projet de Niel est Station F à Paris, qui sera selon lui le plus grand campus de start-up au monde. Sheryl Sandberg, directrice des opérations de Facebook, qui a décrit la France comme ayant « certaines des entreprises technologiques les plus innovantes au monde », a déclaré que son entreprise prendra des places dans Station F.

D’autres changements prennent leur origine dans les salles de classe de la France, avec des ambitions entrepreneuriales en hausse parmi les étudiants, en particulier ceux qui font des stages avec des start-up à l’étranger. Parmi les diplômés, les start-ups du secteur des « deep tech », qui comprend des technologies émergentes telles que l’intelligence artificielle (IA), l’apprentissage automatique et le big data, sont particulièrement intéressantes. Philippe Botteri, qui supervise les investissements européens pour la société américaine de capital-risque Accel, affirme que 80% de l’activité de son entreprise ces derniers temps est dans la technologie profonde. Botteri a également noté que la France est en train de devenir une destination de premier plan pour le capital grâce à la force de ses diplômés dans ces domaines.

Jeremy Jawish, co-fondateur de Shift Technology, basée à Paris, qui utilise l’IA pour détecter les réclamations d’assurance frauduleuses, est allé jusqu’à appeler Paris  » le prochain centre d’IA ». Pour preuve, Cisco et Facebook ont tous deux mis en place des opérations d’IA à Paris pour attirer les talents locaux.

Certains problèmes, tels que la rigidité du droit du travail en France, continuent de poser des obstacles. Mais à cet égard, l’élection présidentielle de mai 2017 pourrait influencer l’avenir de la technologie en France. Un candidat, Emmanuel Macron, a défendu la croissance numérique lorsqu’il était ministre de l’économie. Lors de sa campagne, il a appelé les expatriés français à rentrer chez eux  » pour innover « .

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.